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LES DIRIGEANTS RENFORCENT LA DICTATURE CONTRE LA POPULATION

ÉTHIOPIE

Le 9 octobre le gouvernement éthiopien a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire pour six mois. Depuis plusieurs mois la population manifeste son mécontentement malgré la répression. Il y a eu plusieurs centaines de morts depuis un an. Cet état d’urgence est suivi par d’autres mesures qui marquent le durcissement du régime contre la population. La liste des mesures est longue. Entre autres, le couvre-feu est décrété pour protéger les usines, les fermes et les institutions gouvernementales
parce qu’elles ont été prises comme cibles ces dernières semaines. En particulier dans les régions oromo et amhara, là où la contestation est la plus forte, c’est un véritable état de siège. Les manifestations sont interdites, plus particulièrement dans les écoles et les universités. Le réseau internet est coupé depuis plusieurs semaines dans la majeure partie du pays, y compris à Addis-Abeba qui est pourtant le siège de l’Union africaine. Il est désormais illégal de regarder les deux chaînes de télévision de l’opposition, ESAT et OMN, qui sont basées aux États-Unis et en Europe. Les diplomates et les touristes étrangers ont interdiction de sortir de la capitale au-delà de 40 Km.

Ces mesures font suite à une série de manifestations pendant la fin du mois de septembre. Les forces de l’ordre ont emprisonné environ 2500 personnes et peut-être plus. Les manifestants contestent fermement la domination sans partage du pouvoir par une minorité de dirigeants issus de l’ethnie Tigré qui ne représente que 6 % de la population.

Le Premier ministre, Hailemariam Desalegn, a procédé le 1er novembre à un vaste remaniement ministériel. Le nouveau gouvernement, censé représenter une volonté de réforme, comprend maintenant pour moitié des hommes n’appartenant ni à l’ethnie des dirigeants ni au parti politique imposé par le pouvoir. Les dirigeants croient calmer la situation en mettant quelques hommes nouveaux de l’ethnie oromo ou amhara. Mais ils ne convaincront personne. Pour la plupart des gens, ce sont des marionnettes dans les mains des dirigeants.

Dans cette situation, des organisations d’opposition oromo, amhara, afar ou sidama mènent leur propagande essentiellement depuis l’étranger, États-Unis et Europe. Elles sont en train de discuter pour créer un front unique. Mais elles sont loin d’avoir une implantation dans le pays et faire pression sur le gouvernement pour se présenter comme force de rechange.

Mais entre aspirer à prendre le pouvoir et y mener une politique allant dans le sens des intérêts des opprimés et des exploités, il y a un fossé que ces organisations nationalistes ne peuvent combler car elles sont foncièrement guidées par l’ambition d’accéder aux privilèges liés à l’exercice du pouvoir.


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