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BONGO OU PING, DEUX PANTINS DE L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS

GABON

Le Gabon est actuellement confronté à une crise postélectorale. Après la publication des résultats de l’élection présidentielle du 27 août dernier le pays a connu des jours de tumulte. Selon les sources, il aurait eu entre 3 et plus de 100 morts, sans compter les blessés et plus d’un millier d’arrestations. Ce pays de l’Afrique centrale, avec une population avoisinant les deux millions d’habitants, fait partie du pré carré de l’impérialisme français en Afrique noire. Pays forestier, minier et pétrolier, le Gabon, fief de l’ex-empire d’ELF, a connu une certaine stabilité jusqu’à la mort d’Omar Bongo qui a régné d’une main de fer sur le pays pendant plus de 40 ans sous la protection de l’État français. Comme dans tous les pays africains, la majorité de la population croule sous la misère, malgré les immenses ressources du pays.

Ali Bongo, fils de l’ancien président Omar Bongo, a succédé à son père à la tête du PDG (Parti Démocratique du Gabon) après le décès de ce dernier en 2009. Il a été « élu » pour 7 ans lors des scrutins précédents dans des conditions plus que douteuses. Cela avait aussi entraîné des contestations, qui ont fini par être réprimées.

Cette année, le scrutin a mis surtout en confrontation Jean Ping et Ali Bongo, les 8 autres candidats ayant totalisé moins de 2% des votants.

Sans même parler des liens familiaux, Ping et Bongo sont deux personnes formées au même moule sous la houlette de Bongo père et le regard bienveillant des dirigeants français. Depuis 1972, Ping a occupé de hautes fonctions au sein de l’État gabonais. En tant que ministre, il a œuvré au bradage des ressources de ce pays et à la paupérisation des masses pauvres ; lui-même s’est enrichi grâce à ce pillage. Le 19 février 2014, il annonce sa démission du Parti démocratique gabonais (PDG) et entre en conflit ouvert avec son ami et beau-frère, Ali Bongo. Il veut sa place. Autant dire que choisir entre l’héritier d’une dynastie usé par le pouvoir et un personnage tout aussi pourri, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

L’impérialisme français finira-t-il par pousser Bongo vers la porte de sortie ? Cela dépendra du calcul des dirigeants de l’État français en fonction des intérêts de leur bourgeoisie dans cette région. Les tractations en coulisse qui ont cours actuellement décideront qui de Bongo ou de Ping aura l’aval de l’impérialisme pour occuper le fauteuil présidentiel pour les sept années à venir. Ce qui est sûr, c’est que quel que soit le président choisi, les exploités gabonais ne peuvent y fonder aucun espoir.


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