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LES TRAVAILLEURS NE SE LAISSENT PAS TOUJOURS FAIRE

MADAGASCAR

Des travailleurs de ce pays ne restent pas forcément les bras croisés. C’est ainsi que dans certaines zones industrielles franches d’Antananarivo, les travailleurs du secteur de la confection de vêtements destinés à l’exportation, ont explosé de colère à maintes reprises. Ce fut le cas dans la zone de Tanjobata il y a quelques semaines, ce fut aussi le cas dans des ateliers d’autres zones industrielles. Ces mouvements, sporadiques certes, sont tout de même bien réels. Certaines fois ils ont éclaté contre les abus, contre la brutalité physique d’un dirigeant d’entreprise. D’autres fois c’est contre la mise à la porte de travailleurs combatifs syndicalistes ou pas, quali ?és de « meneurs ». La revendication salariale est toujours présente.

Il arrive même que les autorités y dépêchent des officiers de police pour venir au secours de çes patrons qui parfois ne parlent ni le malgache ni le français, les deux langues les plus pratiquées dans le pays. Cela est dû au fait que quelques-uns sont arrivés de fraîche date dans le pays. Mais on se doute bien que ce n’est pas pour jouer aux traducteurs linguistiques que ces galonnés des forces de l’ordre capitaliste sont dépêchés dans les entreprises. Leurs contingents armés restent à proximité, prêts à intervenir. Le rôle de ces officiers, c’est surtout de réprimer ces mouvements, dissuader à tout prix les travailleurs de les continuer.

DANS LES QUARTIERS POPULAIRES

Dans les quartiers populaires de la capitale, trois cadavres de personnes pauvres ont été ramassés par les services d’hygiène le l5 août à Antananarivo. Ces personnes démunies sont-elles mortes de froid ? De faim ? De maladie ? Sans doute des trois à la fois. Rien que dans cette ville, des corps d’êtres humains recroquevillés, emmitouflés dans des vêtements en loque, jonchent de nombreux trottoirs. Les morgues sont remplies et si au bout de quelques jours, personne ne vient les réclamer, ces corps sont jetés dans la fosse commune.

D’année en année, les conditions de vie de l’immense majorité des classes pauvres, parmi lesquelles il y a les travailleurs, se détériorent tandis que à l’autre pole, l’enrichissement des classes riches, leur mépris et leur arrogance, sont une réalité de plus en plus palpable. Le fossé social entre riches et pauvres ne cesse de se creuser.

Dans les quartiers situés en contrebas de cette ville la plus grande du pays, les habitants manquent du minimum. Des queues de plusieurs heures se forment devant les bornes-fontaines existantes pour avoir un peu d’eau à boire, faire cuire les aliments, se laver.

La JIRAMA, qui fournit l’eau et l’électricité, procède à des délestages qui durent plusieurs heures, surtout le soir quand la demande en électricité y est grande. Bien entendu les riches demeures, généralement situées ailleurs, ne sont pas concernées par ces délestages sélectifs.

Nul n’ignore qu’il y a de l’électricité dans l’air ››... et si le tonnerre social éclatait, cela ne pourrait être que salutaire.


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