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VIOL COLLECTIF : LA VICTIME BRISE LE SILENCE POUR DÉNONCER LES AUTEURS

TCHAD

Une lycéenne âgée de 16 ans, victime de viol collectif, a décidé de se battre à visage découvert pour dénoncer les criminels qui l’ont violée le 8 février dernier à Ndjaména. Elle a bravé la honte et le déshonneur qui pourraient la frapper, elle, sa famille et ses proches, pour exprimer sa douleur ; elle a brisé un tabou de la société tchadienne, qui consiste à observer le silence total sur le viol pour régler le problème à l’amiable, entre familles. Un tabou qui oblige nombre de victimes à se cacher et à se taire.

Zouhoura, elle, a refusé de se taire ou de se cacher. De retour en France auprès de son père adoptif qui vit en exil, elle a donné le 18 mars une conférence de presse. D’abord elle a laissé la parole à son père : « Le gouvernement tchadien se moque de nous, les pauvres. Les fils de hauts responsables violent nos filles et quand la population manifeste, il tire dessus. (…) Là-bas, on n’a pas l’eau potable, l’électricité ne fonctionne pas, les routes sont défoncées. (…) Mais qu’on nous donne au moins la justice pour protéger nos filles, nos femmes, nos enfants ». Il a aussi dévoilé que les autorités tchadiennes lui ont proposé un million d’euros pour qu’il se taise mais il a refusé.

Puis elle a pris le micro pour décrire les conditions dans lesquelles elle a été enlevée dans la rue en plein jour : « J’étais retournée au Tchad l’été dernier pour mon année de terminale. Ce jour-là, je me rendais au lycée avec une amie. Une voiture s’est arrêtée à ma hauteur et on m’a poussée dedans. À l’intérieur, il y avait sept garçons, quatre portaient des armes. Je les connaissais de vue et je savais que j’étais en danger. Ils ont commencé par me chahuter en me disant "pourquoi tu ne nous dis jamais bonjour quand on passe devant toi ? Tu te prends pour qui ? ».

La suite, on la connaît : elle a été collectivement violée, et photographiée toute nue ; les images ont circulé sur Facebook, ce qui a choqué les gens. Partout dans le pays, c’est l’indignation.

Spontanément des camarades de son lycée se sont rassemblés devant le domicile de la victime pour une marche de protestation en direction du palais.


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