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Éditorial

LES CHEMINOTS EN GRÈVE FONT RECULER TRANSRAIL ET LES POUVOIRS PUBLICS

SÉNÉGAL

Les cheminots assurant la ligne de chemin de fer entre Dakar et Bamako ont arrêté de travailler le 11 janvier pour exprimer leur colère contre la direction de la société Transrail qui détient la concession de cette ligne. Selon le secrétaire général du syndicat Sutrail (Syndicat unique des travailleurs du rail), « les travailleurs en totalité n’ont pas perçu leurs salaires. Depuis le mois de juillet, les retraités n’ont pas touché leurs indemnités ». Les grévistes dénoncent aussi la dégradation des conditions de travail ainsi que le manque d’investissement de la direction pour le renouvellement des machines. Sutrail a indiqué que « l’entreprise disposait de 13 machines de fonctionnement dans ses ateliers. Mais, actuellement, elle n’en compte pas plus que trois ».

C’est à Thiès, le centre névralgique du chemin de fer, que la grève a été déclenchée. Les cheminots avaient dès le début averti que l’arrêt de travail serait maintenu jusqu’au paiement total de leurs droits. Ainsi, la grande ligne reliant Dakar à Bamako a été paralysée le 11 janvier (sur le tronçon Dakar-Kidira), mais aussi le Petit train de banlieue (Pt) qui assure le transport de voyageurs entre Dakar et sa banlieue dans la direction de Thiès. Ce Pt transporte environ dix mille passagers par jour, majoritairement des ouvriers.

Devant la détermination des cheminots et surtout devant les conséquences de cette grève sur d’autres secteurs de l’économie du Sénégal et du Mali, les gouvernements de ces deux pays, en concertation avec la direction générale de Transrail (dont le groupe Advens détient la majorité des actions depuis 2006), ont commencé à payer les salaires de décembre et se sont engagés à assurer le paiement des soldes de fin janvier et fin février de cette année. C’est à la suite de ce premier geste et la promesse de « concertation » entre la direction et le syndicat Sutrail que ce dernier a suspendu le mot d’ordre de grève.

Ce n’est pas la première fois que les cheminots de la ligne Dakar-Bamako se mettent en grève. Ils ont maintes fois montré leur force, y compris durant la période coloniale. Ils constituent jusqu’aujourd’hui un des bastions du mouvement ouvrier de la région. Leurs expériences du passé ainsi que leurs traditions d’organisation et de lutte sont des éléments qui compteront pour d’autres luttes futures.


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