UATCI

UNE RENTRÉE SCOLAIRE DIFFICILE POUR LES QUARTIERS PAUVRES

SÉNÉGAL

Plusieurs semaines avant la rentrée scolaire, le gouvernement sénégalais claironnait que les cours allaient commencer en temps et en heure, le jour prévu pour la rentrée officielle, le 5 octobre pour les enseignants et le 8 octobre pour les élèves. Le ministre de l’Éducation nationale avait même sorti à cette occasion un slogan tapageur en ouolof « Ubbi tey jang tey » (commencer les cours le jour de la rentrée)

Mais les habitants des quartiers populaires de Dakar savent que ce ministre raconte des salades. Leurs enfants ne peuvent pas commencer les cours pour la simple raison que leurs écoles sont encore envahies par les eaux de pluies. C’est le cas par exemple de l’école élémentaire d’Unité 11 des Parcelles Assainies de Keur Massar, un quartier populaire de Dakar. Voici ce que raconte un témoin cité par un journal d’opposition, à 10 jours de la rentrée : « Pour y accéder, il faut passer par de nombreuses briques qui font office de passerelle. Une grande partie de la cour de l’établissement non clôturée est remplie d’eau. L’autre est gagnée par de hautes herbes qui font le bonheur de tous les ruminants du quartier. D’ailleurs, les éleveurs viennent y chercher de l’herbe pour nourrir leurs bêtes à la maison ». Comment dans ces conditions-là les enseignants pourraient-ils dispenser des cours aux élèves ?

De l’aveu même des autorités publiques, près de 150 écoles se trouvent dans ce cas, sur l’ensemble du pays. Certaines écoles sont encore occupées par des familles sinistrées, dont les maisons ont été emportées par les inondations.

Chaque année c’est la même situation qui se répète. Les parents d’élèves et les enseignants ne cessent de mettre en garde les autorités pour qu’elles agissent bien avant la rentrée scolaire afin que les écoles ne soient pas envahies par les eaux de pluies. Pour cela il y a des travaux de canalisation des eaux de ruissellement à faire. Des parents se portent même volontaires pour aider les autorités à réaliser les travaux nécessaires pour peu qu’elles y mettent les moyens. Mais le gouvernement est sourd lorsqu’il s’agit de s’occuper sérieusement des problèmes quotidiens des habitants des quartiers pauvres.

Qu’il s’agisse de la question de l’électricité, de l’eau potable, de la voirie, de la santé ou de l’éducation, le gouvernement est d’une totale incompétence. En revanche lorsque les gens commencent à manifester leur colère dans les rues, là il trouve les moyens, en matériel et en humain pour les réprimer violemment.


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